Le øFF – DEC 21

  • Espacio Dios – Delivrance
  • Sipho the Gift – Nia Long
  • 2TH – 7eme ciel
  • Sad Night Dynamite – Krunk
  • Therapie Taxi – Chula
  • Moonchild Sanelly – Covivi
  • Nekfeu – Écrire
  • Sonder – Too Fast

Nous voilà à la playlist qui clôt une rotation complète de notre planète autour d’une boule de feu géante flottant dans le vide.

Absurde ? Peut-être simplement incompréhensible et indéniablement vrai.
Je pense que notre jugement sur les choses à son importance dans leur caractérisation. Il peut alors prendre plein de formes différentes en fonction de la personne, du lieu, ou du contexte. Cela ne voudrait-il dire qu’une chose peut-être différente en fonction de ce qui se trouve autour d’elle ? Cela voudrait, il dire que nous ne sommes jamais vraiment « nous-mêmes » ?
Vous comprendrez que l’ambiance y est particulière. Placé entre un mélange de poésie francophone et de danses sensuelle et libre. J’espère que vous vous laisserez envoûter comme j’ai pu l’être.

C’est Espacio Dios qui ouvre le bal. Vous connaissez maintenant mon faible pour les musiques sud-africaines. Et bien voilà, nous y sommes plutôt complètement. Un mélange de genres et de sonorités, un mélange de rythmes et de couleurs musicales. Une voix honnête et qui semble fragile et tremblante, pour se révéler rassurante portée par un clavier discret. C’est une belle entrée en matière pour se chauffer avant la suite.

On reste en Afrique du Sud avec un trap-rap profond et gentil. C’est exactement l’équilibre que je recherche qui s’incarne dans Nia Long : une musique consciente qui ne s’enterre pas dans une douleur pathologique et auto-destructrice comme pourrait le faire d’autres traps. Encore une fois, on se retrouve dans le sensuel et avec une énorme invitation à découvrir de nouveaux mouvements, seul ou à plusieurs.

Faisons une petite pause pour rentrer dans quelque chose d’un peu plus cérébral. Une longue histoire que se vis entre les lignes et au travers de quelques rimes. 2TH : c’est le nom d’un jeune poète qui mélange rap et electro pour parler des sujets sensibles des sentiments, des amours, du regard des autres, ou d’autre sujets qui font partie de la construction de l’être. Sujet compliqué, musique simple. Tout est bien millimétré et explicite en laissant une marge d’imagination bienvenue. Bref, un bon voyage, et surtout un coup au cœur.
En plus d’avoir un faible pour les musiques sud-africaines, j’ai aussi une vraie attirance pour la scène rap anglaise. Et là, c’est une petite surprise.
Entre Gorillaz, Pink Floyd et Massive Attack le duo Sad Night Dynamite, mélange electro, dub et rap sur un fond très psyché et toujours sensuel, on reste dans le thème, et on continue.

Avec Thérapie Taxi, ce n’est pas la musique qui est sensuelle, mais plutôt les paroles. Encore une fois, c’est un bon équilibre sentiments/sensations qui imagent et retranscrivent incroyablement justement les montées et descentes, les joies et les peines d’un attachement diaphane que nous pouvons surement tous reconnaitre, car je crois que nous l’avons tous et toute connu(e), ce ou cette « Chula ».
Bon allez, on repart encore en Afrique du Sud, entre deux paroliers talentueux et profonds, partons prendre l’air et danser quelque chose qui ne libère pas, mais au contraire qui fait monter le désir et la tension. Un rythme et une sonorité qui ne peut être appréciée que dans la retenue, le mouvement discret, et le regard en coin. C’est Moonchild Sanelly qui nous offre un style qu’elle-même appelle « futur ghetto punk », sorte de style qui sent la poussière et la sueur jusqu’au petit matin où le réveil se fait dans une langue inconnue. Attention à la perte de contrôle.

Alors justement, revenons vers des bases connues : un flow à faire pâlir les meilleurs horlogers suisses, un texte qui ferait office de dictionnaire de la figure de style et un fond qui est d’une cinglante justesse. Nekfeu nous emmène avec lui, écrire l’espace de quelques minutes.
Et maintenant il est l’heure de se calmer, enfin presque.

Se calmer en laissant s’échapper la dernière étincelle d’énergie, de poésie, d’amour, de feu, d’être, appelez ça comme vous voulez. Mais c’est ce petit truc qui permet l’honnêteté, envers soi-même et envers les autres et que des fois nous trouvons le support parfait pour aider ça.
C’est ce que fait pour moi Too Fast de Sonder, entre la batterie comme lead d’une danse solitaire et chaleureuse et une basse fiévreuse et discrète, on ne peut que se sentir en confiance.

Et c’est là-dessus que nous nous quitterons.
Parce qu’il est temps de profiter du silence, parce que tout est lié sans raisons, parce que tout est contrasté naturellement. Parce que nous ne pouvons que danser comme on pense, ou penser comme on danse. De toute façon, le résultat est le même.

Et c’est, je pense une très belle façon de finir et de commencer un nouveau tour de soleil.

L'illustration_

Comment illustrer le changement, la transition, et le doute ?
En confondant le haut et le bas, le point de départ de la chute ou la surface sous laquelle elle finit.
Un saut dans le vide et une plongée ne sont finalement pas si différentes…

Aquarelle, encre et techniques digitales.

Illustration : Jolan Berard

Typographies :

Carosello par Unio

Tropikal par Gabriel Reyes

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