Le rôle d’un designer

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➡️ Sujet : Quel est le rôle d’un designer aujourd’hui ?

“Un designer doit avoir une capacité d’empathie forte“

Nous remettons en cause beaucoup de nos concepts, de nos valeurs et de nos acquis. Nous allons même jusqu’à remettre en cause notre propre rôle dans la société, dans notre travail ou dans nos relations sociales.
Remettre en cause n’est pas forcément une mauvaise chose, cela permet de faire le point sur la situation et sur nous-même. Je me suis alors livré à cet exercice.
L’occasion pour moi de mettre des mots sur mon travail et me donner une occasion de vous expliquer mon rôle.

Nous utilisons beaucoup aujourd’hui le mot “design“, mais que veut-il dire réellement ?
Quel est le véritable travail de celles et ceux que l’on appel “designer“ ?

Le design est avant tout un processus de résolution de problèmes. Ce processus est applicable à un large panel d’activités et d’intérêts comme :

L’architecture (comment est-ce que l’on construit ?)
Le produit (comment est-ce que l’on utilise ?)
L’industrie (comment est-ce que l’on produit ?)
Le visuel (comment est-ce que l’on comprend ?)
Etc.

Pour comprendre un problème, le designer est une personne qui doit être capable de se mettre à la place de quelqu’un d’autre pour intégrer les différents éléments qui forment le problème, il doit comprendre les sentiments et émotions d’autrui, mais aussi reconnaître ses états “non-émotionnels“.
En d’autres termes, un designer doit avoir une capacité d’empathie forte.

D’un point de vue plus pratique, en plus de l’aspect sentimental et émotionnel. Lors de la conception d’un projet, le designer doit trouver l’équilibre entre la faisabilité technique, la viabilité financière et organisationnelle et la désirabilité de ce qu’il est en train de concevoir.

Mais pourquoi avoir besoin de concevoir ?

Cela a toujours été un point essentiel dans l’évolution de notre espèce. Trouver comment s’adapter à une situation et toujours de la meilleure manière possible.
Dans le design physique, l’humain n’aurait pas pu survivre s’il n’avait pas trouvé de nouveaux moyens pour répondre à ses besoins immédiats (se nourrir, stocker, se protéger).

Mais pourquoi alors avoir eu besoin d’améliorer ce qui existait déjà ?

Parce que comme toute chose dans l’univers, rien n’est figé, tout est en constante mutation et de là découle la nécessité de sans cesse s’adapter au changement.
Ce qui est intéressant pour nous n’est pas de comprendre pourquoi les choses changent, mais quels sont les mécanismes de cette adaptation.

Regardons un instant comment nous comprenons le monde qui nous entoure.
Nous acquérons des signaux grâce à des outils que nous appelons nos “sens“ puis que nous interprétons. Ces signaux se transforment en information puis déclenchent une action. Nous créons alors de l’expérience et du savoir. Ce savoir est enfin transmis à un autre individu grâce à la parole et à l’écriture.

C’est ici que nous créons de la culture : au fur et à mesure de l’évolution de notre espèce, l’information était transmise de génération à une autre, mais avec l’écriture elle peut être accessible d’une civilisation à une autre, à travers le temps.
Nous avons alors commencé à construire une immense banque de savoir : en transmettant l’information acquise.

Par ce procédé, nous nous rendons compte de l’importance des relations sociales.
Et avec ces relations sociales, nous avons créé le service. Qui n’est autre qu’une relation entre une personne et une expérience.
Le service, c’est la mise en pratique de l’idée que seul nous allons plus vite, mais à plusieurs, nous allons plus loin.

C’est cette notion d’expérience et de conception de service qui nous remettons grandement en question aujourd’hui, car nous faisons face à un questionnement de l’éthique parce que nous ne savons pas si les informations que nous recevons sont utiles voir même vraies, et que le système que nous avons conçu pose aujourd’hui des problème pour le futur de notre société, de nos entreprises et de notre environnement, mais aussi à nous-même en tant qu’individus.

Nous sommes arrivés à une ère que les géologues appellent “Anthropocène“, autrement dit : l’âge des humains. Car nous sommes devenus une des forces les plus influente sur notre planète, nous avons conçu, grâce à la transmission, l’expérience et la culture, une force d’adaptation et de compréhension nous permettant de prétendre au titre de super-prédateur, sans pour autant disposer de caractéristiques physiques suffisantes pour survivre face aux forces de ce monde.
Et dans cette logique d’évolution, tout comme notre présent à été dicté par les choix du passé, notre futur dépend de la qualité des choix que nous pouvons faire.

L’utilisation du mot “choix“ n’est pas anodine. Car le choix est directement lié au processus de transformation du monde.

Quand nous faisons un choix, nous le faisons en fonction de la disponibilité que l’on a face à nous.
Si nous voulons une voiture, nous la choisissons parmi celles qui existent déjà. Nous ne la créons pas depuis l’idée jusqu’à la réalisation.
En fait, nous voyons là que l’envie et le choix découle de ce qui est disponible sur le marché.

Le designer, c’est celui qui a comme travail d’inventer ce qui vas être disponible sur le marché, il est payé par l’industrie pour créer du choix.
Il est dans une grande position de pouvoir : il est celui qui fait la différence entre ce qui est et ce qui pourrait-être, et ce pouvoir est aujourd’hui aussi remis en cause par les questionnements de notre époque, car il a trop souvent été utilisé sans prises de conscience et sans responsabilités.

C’est pour cela que je pense que chaque designer à aujourd’hui un rôle important à jouer dans la transformation de notre schéma actuel. Il doit précisément être l’architecte d’un projet visant avant tout à répondre au changement et à l’amélioration de critères individuels, sociétaux, économiques et environnementaux.

Il n’est pas là pour dicter les choix possibles ou non, son objectif principal est de re-concevoir la nature profonde de nos besoins, afin de les centrer sur une moralité, une psychologie humaine, et une conscience globale d’un écosystème entreprenarial et environnemental indissociable.

C’est avec ce schéma que nous pourrons continuer de nous développer sans porter atteinte à notre écosystème vital.

Pour cela, le designer doit aujourd’hui être un intermédiaire entre une idée et sa réalisation.
C’est à la fois un concepteur technique mais aussi un penseur devant être le garant de l’équilibre d’un projet.

 

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